Le soutien essentiel de la technologie dans la réorientation
La solution pour soulager l’encombrement à l’urgence.
Date: 30.04.2018

Depuis plus de 20 ans, l’engorgement des services des urgences reste un enjeu important au Canada. Nous avons été témoins d’une sensibilisation accrue autant sur le plan politique et administratif qu’au niveau du public. Malgré tous les efforts et les changements mis en place, la situation difficile des urgences continue à prendre de l’ampleur, d’autant que les engorgements sont plus fréquents, mais aussi plus importants[1]. Au Québec, les urgences font régulièrement la une des journaux au sujet des enjeux engendrés par l’encombrement ou par les longs délais d’attente de consultation.

Il existe un certain consensus auprès des professionnels de la santé, 81 % d’entre eux croient qu’il y a trop de patients avec des problèmes mineurs qui se présentent à l’urgence[2]. En effet, il est de pratique courante que des patients avec des problèmes non urgents se présentent dans les urgences des hôpitaux pour avoir accès à des traitements. Afin de trier le niveau de priorité des conditions médicales des patients, ceux-ci sont classés selon l’Échelle de triage canadienne allant de la priorité 1 à 5. Par exemple, un patient P1 doit être vu immédiatement, tandis qu’un patient catégorisé P4 peut attendre, en principe, un maximum de 60 minutes avant d’être vu par un médecin[3].

Selon le rapport du Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE)[4], près de la moitié (44 %) des patients à l’urgence étaient atteints d’une affection traitable par un omnipraticien. Le défi est ici. Comment peut-on identifier correctement les patients admissibles à la réorientation?

Les individus qui visitent les urgences avec des conditions médicales non urgentes contribuent à leurs engorgements ce qui a des effets directs sur l’administration des soins. Effectivement, ces situations engendrent du temps d’attente prolongé, des délais dans le traitement, des problèmes d’assurance de la qualité et l’insatisfaction des patients. De plus, plusieurs études ont montré qu’à un certain stade, l’encombrement des urgences a des effets directs sur l’état de santé des patients, qui peuvent même aller jusqu’à la mortalité[5].

En général, plus les délais à l’urgence sont longs, plus la proportion des patients qui quittent sans être pris en charge par un médecin est élevée. Au Québec, cette proportion est, en moyenne, de 10 % et dans certains cas, peut aller jusqu’à 17 %[6]. Pourtant ce n’est pas parce qu’ils quittent l’hôpital que ces patients sont moins malades. Certains consultent pour des pathologies graves et quittent contre avis médical ce qui entraine leur réadmission dans les jours suivants[7]. 

Bien qu’il faille améliorer l’accès à la première ligne au Québec et dans le reste du Canada, il nous est impossible de savoir si cela règlera le problème. En effet, en Allemagne, malgré qu’il soit catégorisé comme l’un des pays ayant le plus haut taux d’accès à un médecin de famille selon le rapport « Résultats de l’enquête internationale sur les politiques de santé du Commonwealth Fund » édition 2015, on considère encore l’engorgement un sujet d’actualité. Les visites à l’urgence pour des raisons mineures continuent de croître. De ce fait, on peut observer deux motifs principaux au problème, soit l’aspect pratique des urgences (pas de rendez-vous; heures d’ouverture 24/7; examen radiologique, bilan sanguin et spécialistes sur place), ainsi que l’aspect psychologique caractérisé par l’anxiété relié à l’état de santé des patients[8]. 

Certains suggèrent de réorienter tous les patients P4 et P5 vers des cliniques de première ligne. Théoriquement, ceci libèrerait près de 60 % les services des urgences[9]. Toutefois, un problème majeur demeure puisqu’il existe un facteur de subjectivité lors du triage des patients à l’urgence. Par exemple, pour un même patient avec la même condition médicale, un peu plus d’un tiers des professionnels d’urgence (37 %) l’ont trié sous P3, bien qu’ils aient aussi bien pu le classer P4 ou P5[10]. De plus, ce n’est pas parce que le cas d’un patient est classifié non-urgent que sa condition ne pourrait pas être une pathologie grave et qu’elle ne nécessiterait pas des ressources disponibles en établissement. Une étude, tenue entre mars 2008 et mars 2016, observant le nombre de décès chez les patients classés P4-P5 dans les trente jours suivant une visite dans un hôpital au Québec, a révélé que sur 187 224 visites il y eu 964 décès[11]. En moyenne, cela équivaut à 1 décès par trois jours. Si l’on étend ce constat à la grandeur de la province, il y aurait plus de 10 décès par jour.

 

On peut donc en déduire que l’Échelle de triage n’est pas un outil efficace pour déterminer quel patient à l’urgence peut ou ne peut pas être renvoyé à la maison de façon sécuritaire.

 

 

Logibec Réorientation

Pour répondre à tous ces enjeux, Logibec propose un outil de réorientation destiné aux personnels de triage. En plus d’aider à la décision clinique, cet outil permet de réduire la variabilité ou la subjectivité qui pourrait exister entre les utilisateurs. La collaboration des médecins d’urgence et des professionnels de la santé a permis de concevoir un algorithme médical unique qui comprend plus de 50 raisons de consultations courantes. Afin de limiter au maximum les risques de retour à l’urgence, ces motifs spécifiques sont associés à des contre-indications appropriées. De plus, pour la première fois, un élément clé a été inclu à un algorithme médical : la technologie, et son soutien essentiel dans le système de réorientation.

L’urgence est connue pour être un endroit où le stress est palpable et où les décisions médicales doivent être prises convenablement et rapidement. Peu importe le format, un algorithme seul — sur papier, en affiche, dans un cartable ou sur Excel — ne pourrait pas être viable et efficace. L’utilisation de cet outil demanderait un temps d’évaluation déraisonnable pour le personnel de triage. Ensuite, ceux-ci devraient prendre un rendez-vous pour chacun des patients admissibles à la réorientation en clinique, et ce par téléphone ou par fax. Ceci ralentit le processus une fois de plus. Notons que l’outil de réorientation de Logibec remédie à ces freins puisqu’il donne aux personnels de triage un accès à des plages de disponibilités réservées spécifiquement pour les patients réorientés. De telle sorte que le patient quitte l’urgence avec un rendez-vous rapide, à une heure précise, dans une clinique de son choix. Si le patient a un médecin de famille, l’outil favorise la prise de rendez-vous dans la clinique où celui-ci travaille.

L’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, qui reçoit près de 60 000 visites à l’urgence par année, a adopté cette solution ce qui lui a permis, dans la dernière année, de réduire de 35 % les départs avant la prise en charge. Depuis, la solution a été déployée avec succès dans deux hôpitaux supplémentaires. En tout, plus de 12 000 patients par année ont été réorientés de façon sécuritaire représentant 15 % des visites ambulatoires. Pour finir, 1 112 patients ont été questionnés dans un sondage de satisfaction. Au total, 95 % des répondants ont répondu qu’ils aimeraient voir ce projet déployé à la grandeur de la province[12].

Enfin, les recherches faites sur notre solution démontrent la sécurité, la faisabilité, la reproductibilité et l’amélioration de l’expérience des patients à l’urgence. Toutefois, nous avons de fortes raisons de croire que notre outil de réorientation amènera, dans d’autres environnements, de meilleurs résultats. Il serait intéressant de se pencher sur les hôpitaux avec une proportion de patients P4 et P5 ou avec un taux de visites pédiatriques supérieure à ceux de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal où les recherches ont été menées.

 

Références:

[1] L’ENGORGEMENT DES DÉPARTEMENTS D’URGENCE ET LE BLOCAGE D’ACCÈS.2013. Affleck, A., et associés.

[2] [3] [6] [9] APPRENDRE DES MEILLEURS : ÉTUDE COMPARATIVE DES URGENCES DU QUÉBEC. 2016. Commissaire à la santé et au bien-être.

[4] PERCEPTIONS ET EXPÉRIENCES DE SOINS DE LA POPULATION : LE QUÉBEC COMPARÉ – RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE INTERNATIONALE SUR LES POLITIQUES DE SANTÉ DU COMMONWEALTH FUND DE 2013. 2014a. Commissaire à la santé et au bien-être.

[5] BETTER PERFORMANCE ON LENGTH-OF-STAY BENCHMARKS ASSOCIATED WITH REDUCED RISK FOLLOWING EMERGENCY DEPARTMENT DISCHARGE: AN OBSERVATIONAL COHORT STYDY. 2015. Schull, M., et associés.

[7] WHAT HAPPENS TO PATIENTS WHO LEAVE HOSPITAL AGAINST MEDICAL ADVISE? 2003. Hwang, S.W., et associés.

[8] PATIENT MOTIVES BEHIND LOW-ACUITY VISITS TO THE EMERGENCY DEPARTMENT IN GERMANY: A QUALITATIVE STUDY COMPARING URBAN AND RURAL SITES. 2016. BMJ Open.

[10] THE RELIABILITY OF THE CANADIAN TRIAGE AND ACUITY SCALE: META-ANALYSIS. 2015. Mirhaghi, A., et associés.

[11] MORTALITÉ À TRENTE JOURS DES PATIENTS TRIÉS P4 OU P5 AUX URGENCES. 2016. Chauny, J.M., et associés.

[12] MESURE DE LA SATISFACTION DES PATIENTS FACE À UN PROGRAMME DE RÉORIENTATION DES PATIENTS DE L’URGENCE DANS LES CLINIQUES AVOISINANTES : UNE ÉTUDE PROSPECTIVE SUR 977 PATIENTS. 2017.Chauny, J.M., et associés.

 

Pour plus d’information sur la solution Logibec Réorientation, veuillez communiquer directement avec Logibec : info@logibec.com.

Yiou Huang

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